Un courrier annonçant une surprime de plusieurs dizaines d’euros par mois sur mon assurance de prêt immobilier, à cause d’un antécédent médical que je pensais pourtant ancien et sans gravité. J’ai d’abord cru ce surcoût gravé dans le marbre, une sorte de pénalité définitive à encaisser sans discussion possible, avant de découvrir en creusant plusieurs leviers concrets pour le faire baisser, voire disparaître complètement au bout de quelques années.
Pourquoi une surprime médicale est appliquée
Le questionnaire de santé rempli lors de la souscription permet à l’assureur d’évaluer le risque que tu représentes statistiquement, en fonction de tes antécédents (traitement en cours, pathologie chronique, hospitalisation passée, certains facteurs de risque comme le tabac ou le poids). Si ce risque est jugé supérieur à la moyenne, l’assureur applique une majoration de la cotisation (la surprime) plutôt qu’un refus pur et simple, une façon de continuer à te couvrir tout en équilibrant le risque supplémentaire qu’il prend sur la durée du prêt.
Ce que tu peux faire concrètement face à une surprime
- Demander le détail précis du calcul à l’assureur, avec le motif exact de la surprime, un droit que tu peux exercer et qui permet parfois de repérer une erreur ou une pathologie mal évaluée ;
- Faire jouer la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), un dispositif qui encadre l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque de santé, avec des plafonds de surprime selon l’âge et le montant emprunté ;
- Comparer les offres d’autres assureurs via la délégation d’assurance, chaque compagnie ayant sa propre grille d’évaluation du risque : une pathologie fortement surprimée chez l’un peut être bien mieux évaluée ailleurs ;
- Demander une révision après stabilisation médicale, notamment si ton état de santé s’est amélioré depuis la souscription (traitement arrêté, pathologie stabilisée), un réexamen du dossier pouvant faire baisser voire supprimer la surprime.
Tableau récap : situation, levier, ce que ça change
| Ta situation | Levier à activer | Effet attendu |
|---|---|---|
| Surprime appliquée sans explication détaillée | Demande écrite du détail du calcul | Compréhension précise, repérage d’erreurs éventuelles |
| Pathologie ancienne ou risque de santé identifié | Convention AERAS | Plafonnement de la surprime selon l’âge et le montant emprunté |
| Surprime jugée disproportionnée par rapport au risque réel | Délégation d’assurance, mise en concurrence | Offre alternative potentiellement moins chère |
| État de santé amélioré depuis la souscription | Demande de révision du dossier médical | Baisse ou suppression possible de la surprime |
Comment fonctionne concrètement la convention AERAS
La convention AERAS s’applique aux personnes présentant un risque aggravé de santé et prévoit un examen du dossier à trois niveaux successifs si le niveau précédent refuse ou surprime fortement : d’abord l’assureur du prêt lui-même, puis un pool d’assureurs spécialisés dans les risques aggravés si le premier niveau ne convient pas, enfin une instance de médiation en dernier recours. Elle prévoit aussi un plafonnement du taux d’assurance selon l’âge de l’emprunteur et le montant du prêt, pour les personnes remplissant certains critères de revenus, ce qui limite mécaniquement le poids de la surprime dans certains cas.
Le droit à l’oubli et la grille de référence, deux outils à connaître
Pour certaines pathologies graves considérées comme guéries après un délai déterminé (cancer, hépatite C notamment), le droit à l’oubli interdit à l’assureur de tenir compte de cet antécédent dans le questionnaire de santé une fois ce délai écoulé. Une grille de référence complémentaire couvre par ailleurs plusieurs autres pathologies chroniques (diabète, VIH stabilisé, certaines maladies cardiovasculaires), avec des conditions d’accès à l’assurance sans surprime ni exclusion si des critères précis sont remplis. Vérifier si ta situation entre dans l’un de ces deux cadres est souvent le levier le plus efficace, car il peut faire disparaître totalement la surprime plutôt que simplement la réduire.
Comment procéder pour contester ou faire réviser une surprime
- Demande une copie complète de ton dossier médical transmis à l’assureur, un document qui te permet de vérifier que les informations utilisées pour le calcul sont exactes et à jour.
- Consulte ton médecin traitant pour obtenir un rapport actualisé si ton état de santé a évolué depuis la souscription, un document qui appuie concrètement une demande de révision.
- Sollicite un courtier spécialisé dans les risques aggravés de santé, un professionnel qui connaît précisément les grilles tarifaires de plusieurs assureurs et sait orienter vers celui qui traite le mieux ta pathologie spécifique.
- Constitue un dossier de délégation d’assurance avec les garanties équivalentes exigées par ta banque, pour comparer objectivement le coût total face à l’assurance groupe initialement proposée.
- Fais réviser le contrat chaque année si ta situation médicale évolue favorablement, la loi permettant désormais de changer d’assurance emprunteur à tout moment, ce qui inclut la possibilité de renégocier en cas d’amélioration de ton état de santé.
Ce que je retiens
Une surprime d’assurance emprunteur pour raison médicale n’a rien d’une sanction définitive et gravée dans le marbre, plusieurs leviers concrets permettent souvent de la réduire ou de la faire disparaître, de la convention AERAS au droit à l’oubli en passant par la simple mise en concurrence via une délégation d’assurance. Le bon réflexe, c’est de demander systématiquement le détail du calcul, de vérifier si ta pathologie entre dans une grille de référence, et de ne jamais considérer une première offre comme définitive sans comparer ailleurs. Dans mon cas, un changement d’assureur via délégation a fait baisser la surprime de plus de moitié pour des garanties strictement équivalentes. Les démarches administratives liées à un prêt immobilier réservent souvent ce genre de marges de manœuvre méconnues : j’avais fait un constat similaire en détaillant l’économie réelle que permet la délégation d’assurance emprunteur, un sujet complémentaire utile à connaître dès la souscription plutôt qu’après coup.
FAQ express
Une surprime peut-elle être appliquée à vie sans jamais être révisée ? Non, pas systématiquement : si ta situation médicale évolue favorablement ou si une nouvelle pathologie entre dans le champ du droit à l’oubli ou de la grille de référence au fil des années, une demande de révision reste toujours possible, y compris plusieurs années après la souscription initiale.
Le questionnaire de santé est-il obligatoire pour tous les emprunts immobiliers ? Non, depuis 2022, le questionnaire de santé est supprimé pour les prêts sous un certain montant (200 000 euros par assuré) et remboursés avant un âge déterminé, une évolution qui a considérablement simplifié l’accès à l’assurance pour de nombreux emprunteurs.
Peut-on changer d’assurance emprunteur uniquement à cause d’une surprime jugée trop élevée ? Oui, c’est même l’un des motifs les plus fréquents de changement via la délégation d’assurance, la loi permettant de résilier à tout moment pour une offre équivalente en garanties mais moins coûteuse, surprime médicale comprise.



